jeudi 17 février 2011

De novembre à aujourd'hui...

Des souvenirs, du passé, un aller dans le froid sur bande défilante de musique hétéroclite. On dirait que je suis atterrie dans un mauvais film d’horreur. Un temps de novembre. Des maisons décrépies, des déchets bordant les rues, un homme au regard croche qui fume une cigarette, une poupée au regard triste, salie. Même les noms de rues sont déviants. Je marche, je sens le froid sur mes joues, descendre le long de mon dos et stopper net à mes genoux. Ça claque. Par froid ou peut être par manque de courage. La seule chose qui m’anime dans cette introspection c’est le soleil. Je perçois encore sa bienveillance, les yeux fermés. Le silence m’entoure. Je suis dans une éprouvette. J’expérimente hâtivement les émotions de l’inconnu pour mieux les apprécier le moment venu. Paradoxale? Probable. Je vis dans la projection, mais aussi dans ma mémoire. Je vis dans l’attente que ces histoires deviennent celles de demain. Pour pouvoir me les appropriées, les transformer, les raconter. Au loin, ma destination, enfin! Tremblante, je hâte le pas, mes genoux sont glacés. Et en traversant les lourdes portent, je sens la chaleur cosmopolite. Des gens, des gens partout, bruyants, trop bruyants. Je prends place et me laisse emporter machinalement. Le regard lourd d’introspection. Je ne vois que la masse et mes appréhensions. À nouveaux dehors, les minutes ont passées sans que je les remarque. Un nouveau quartier, plus rassurant. En fait, davantage familier. Pourquoi ce que l’on connaît nous semble toujours plus rassurant? Je crois que nous, humains, manquons de confiance. Mais, je refais confiance quand je lis ces paroles si inspirantes : « je suis un rêveur, pas un chanceux. N'attendez pas votre chance, réaliser vos rêves c'est tout. ». J’entends alors de nouveau la mélodie qui me donne envie de fredonner et de suivre sa suggestion. Prendre un temps. Un temps pour savourer, un temps pour comprendre et un temps pour repartir.
Café à la main, j’inspire profondément et j’apprécie. Apprécier : La chance, mais aussi le mérite. Profiter de toutes les opportunités parce qu’elles sont un juste retour des choses. S’offrir ses moments au ralentit. Rire au éclat, crier à tue tête, fondre en larmes, danser avec son âme, courir à s’en faire bondir le cœur, aimer à en perdre la raison. Se donner le pouvoir de ressentir chaque gamme, de l’envisager comme un accomplissement. Ces goûts de caféine, je les saisis.
Saisir : chaque occasion de s’analyser, de se remettre en question, de s’enrichir. Briller de curiosité, sans jugement et sans prétention. Dépasser les limites du confort, toucher à l’inédit, à l’interdit. Les nouvelles connaissances nous aident à avancer, à faire le pont, à se réconcilier et à se réécrire. Toujours se redéfinir. Dans un nouveau cadre, sous les mêmes traits, un nouveau portrait. Cette œuvre d’une vie, je l’entreprends.
Entreprendre : Le grand saut. Celui qui fait frémir, mais aussi celui qui nous rend invincible. Des choses que l’on ne croyait pas capable de faire que l’on raille soudainement d’un trait. Se faire confiance, dans l’inconnu autant que dans l’adversité. Se donner les moyens de se réaliser. L’incertitude est un moteur à la création. Et à chaque jour, une nouvelle inspiration tout droit venu du cœur de celui qui réalise un rêve, un grand défi. 

vendredi 11 février 2011

Coup de foudre

Il fait bon, il fait doux. La nuit tombe tranquillement. Sortie métro Saint-Paul dans le Marais. Le quartier est animé par les gens dans leur course folle pour rentrer du boulot. Je marche un peu, n’importe où, en direction de… de rien. Je me laisse imprégner de la ville, de ses bruits métropolitains, de son odeur d’agrumes et surtout de sa mémorable architecture.
Ce soir là, je ne pouvais pas me douter que j’avais rendez-vous avec mon destin.
Une petite rue étroite comme tant d’autres, je tourne tout de même. Et c’est là que, de l’autre côté de la rue, je vois cette miniature boutique à la façade bleue. J’entre sans bruit, où plutôt j’essaie car la vieille porte de bois grince terriblement. Une dame au grand sourire et aux yeux plein de bonté m’accueille chaleureusement avec un bel accent russe. Elle me fait penser à « buccolique Natalia ». Douce et distinguée, elle me parle de ses « œuvres », que je regarde, les yeux pétillants, avec la plus grande attention.
Pendant au moins une bonne heure, je parle avec la créatrice, je contemple avec admiration et j’essaie bien sûr tout ce que je peux essayer. Peu importe où mes yeux se posent, il n’y a que beauté. Une vraie caverne d’Ali Baba qui brille de mille et une couleurs. Vous avez sans doute deviné de quoi  je parle! Ceux qui me connaissent bien savent ma passion (remarquez le soulignement) pour les bijoux artisanaux. Poupée blonde a bon goût côté accessoires, ça me vient d’ailleurs de ma Grand-Maman maternelle!
Le destin en était joué. J’étais tombée sous le charme de Bijoux Blues et de sa propriétaire. Et quand on aime, on peut faire des folies! Ça oui! And believe me, the earrings are literally to die for! Je me suis ainsi promis de déclarer publiquement mon amour, ce que je fais à l’instant.
Alors, si un jour vous passez par Paris, faite un détour (effectivement!) rue Saint-Paul. Ça vaut le coup d’œil!

lundi 7 février 2011

Robe grise et talons hauts

Cadran qui sonne, il est 5 h du matin et il est beaucoup trop tôt pour se préparer pour une grande sortie. Le RER arrête devant moi, le reflet de ma silhouette dans la vitre : robe, bas collants, talons hauts noirs et (pour quelqu’un qui est loin d’être une Lise Watier) extra maquillage.  Je suis prête pour l’émission Le Banquier ou pour une prestation à Eurodisney! J’ai le look princier pour mon premier jour.
Mon histoire commence comme suit : comme dans les contes de fées, il y a des princesses, beaucoup de princesses, des méchants, mais pas de prince charmant. (Ben quoi, c’est mon histoire non?!)
Nous, princesses, avons toutes la même robe, du style Jackie Kennedy (j’adore!), et le même regard fatigué derrière notre fard à paupières et notre mascara. Il est maintenant 8h et nous avons droit à une inspection complète avant d’entrer en scène. Pas de mailles, assez haut les souliers, retouche rouge à lèvres, coiffure « impec »? Nous sommes prêtes! Notre mission : accueillir, diriger et surtout sourire. Je suis une Lucky Luke, vite sur la gâchette, je suis prête à décocher un sourire au moindre visiteur.  
Et au loin, arrivant de l’étage inférieur, la Belle-Mère et ses deux assistants aux grosses lunettes font leur entrée pour veiller à notre bonne conduite et à l’exécution de nos tâches. ELLE, toujours suivi des deux autres « granos du Plateau », passe d’une fille à l’autre, le regard affilée. Ici et là, quelques paroles critiques, évidemment répétées par son perroquet au cas où l’on n’aurait pas entendu. L’expression : « sois belle et tais toi » prend désormais tout son sens. Je me rappelle que je ne concours pas pour devenir Miss France alors, je me détends un peu.
Puis vient l’heure de dîner. Dans la salle de repos, des plaintes des princesses qui se meurent d’avoir passé toutes ces heures debout et surtout dans de tels chaussures. Mais qui a créé les souliers à talons que je lui dise un mot?! Perso : ok c’est élégant quoi 30 minutes, mais le reste du temps bon Dieu que c’est souffrant! Et qui a dit qu’il fallait être le plus grand possible! Décidément, je suis hors norme de la mode et ça me convient parfaitement, je peux marcher à mon aise! La journée passe tout de même vite sous l’œil approbateur et/ou désapprobateur des justiciers de la beauté.
Dans la nuit noire, je rentre, épuisée, les pieds en feu dans mes escarpins, là-haut Chester me sourit de toutes ces dents et j’ai de l’inspiration pour écrire un conte, ma foi, très moderne…

P.S. Salutations à Linda et Maeva qui ont fait de cette expérience, un beau souvenir!