lundi 19 décembre 2011

L'ultime cadeau

Ceci sera mon dernier témoignage à Paris. Ma dernière confession; une petite fenêtre, un endroit clos et que le silence d’un dialogue entre moi et l’infini.
Je n’ai jamais aimé le terme « dernier »; tellement péjoratif et mesquin. Pour employer un tel mot cela implique une action. Or, une action est en soi un accomplissement de l’avoir réaliser. Alors pourquoi être relayé au rang de dernier alors qu’on a eu le courage d’essayer… parce que c’est exactement ce que j’ai fait.
Reprise. Ce sera donc une confession, mais non pas la dernière. Ce sera donc un sommaire, une lettre pour remercier, un texte pour revivre et apprécier.
Je suis étrangère à ce pays, mais étrangement, je me sens bien dans cette étrangeté. Un méli-mélo de saveurs où se mêlent épices et cuisine du monde. Bref, un énorme buffet où l’on goûte à tout. Où l’on se sent rassasier, même parfois trop plein, mais où l’on en redemande toujours encore. C’est peut-être ça le voyage, un buffet sans vivres. Une dépendance viscérale, qui crie famine, que l’on ne peut jamais arrêter ou même contrôler. Où l’adrénaline de la découverte stimule, exhale, nous donne des ailes et les moyens de faire des folies. Ma folie s’est révélée être la plus belle expérience jamais entreprise, le plus beau cadeau jamais fait. J’ai reçu le plus beau présent. Comment utiliser la chose la plus précieuse qu’on s’est vu offerte? Comment en retirer le meilleur et aussi le partager?
Des larmes s’échappent doucement de mes yeux envahis de ces beautés et il n’y a que le ciel qui en est témoin. Il n’y a que lui qui sait la mesure de ma reconnaissance et qui sait que dans ce périple, chaque émotion a été vécu avec une authenticité de gamine.
Pourquoi faudrait-il dire adieu à tout cela? Je ne dis pas adieu… car ces moments vivront éternellement dans ce rêve éveillé. Ils feront à jamais partie de moi. Je pourrai actionner à tout moment la machine et être plongée à nouveau dans cette noirceur un maïs soufflé à la main. Je pourrai continuer sans fin à être cette actrice et spectatrice, à trouver de nouveau détails et à percevoir de nouvelles choses. Un film aux milles scènes, qui en séquences indépendantes constitue un ensemble indivisible.
Ce sera l’œuvre d’une vie. Un classique en noir et blanc que l'on offre dans un emballage aux couleurs de Noël.

mercredi 9 novembre 2011

Walking like a one man army

Une fameuse place. Un escalier menant au ciel. Marcher doucement avec les anges. L’odeur d’automne ramenant à la maison. Sur le chemin, de vieilles connaissances. Celles qui surprennent et aussi celles qui prennent la tête. Les amours perdus. Les inachevés. Ça joue à cache-cache. Des petits yeux malins qui épient. Un rire d’enfant familier. Un trait qui ne cesse de s’élever sur la penture. Le temps compte derrière le grand arbre. Les histoires s’empilent. Poussiéreux, les écrits demeurent. Au cœur d’un parc éternel. Une balade mélodieuse. Les pas pesants d’aventures. Fighting with the shadows in your head. Toujours là. Tu avais presque oublié.

Malgré le vent qui souffle. Malgré l’orage qui efface. Malgré la neige qui enfouit. Certains se sont enracinés. Au creux de l’oreille. Ces petites frayeurs murmurent. Ces petits frissons même sous le soleil de plomb. Ces histoires de feu de camp qui donnent la frousse. Cette scène de théâtre que l’on répète sans cesse. Ce texte mémorisé par cœur. S’ils pouvaient vraiment devenir mots. Better put them in quotations. La délivrance d’une main tremblante. Jusqu’au vide absolu. Sur papier d’origami. Destination, les astres.

Les bras en avion. Prêt pour une nouvelle escapade. Défait de la pesanteur. Prendre son envole. Une piste colorée à perte de vue. Courir à toutes jambes, sans limite. Crier sans pudeur. Rire sans raison. Prendre la chance même si l’on n’est pas joueur. Dire spontanément car les moments sont impatients. You better know that in the end is better to say too much than never to say. Une nervosité de grands événements. Tout en blanc. Un témoin du bonheur qui nous tend la main.

Dis, à quel âge on devient vieux?!

Selon le dictionnaire le terme « vieux » désigne quelque chose d’un certain âge, ancien, qui existe depuis longtemps.
Enfant, spontané, les yeux grands et éblouis. On regardait le monde d’en dessous. On pleurait à chaud de larmes pour un rien. Tout nous amusait. Les grands frères et les grandes sœurs nous paraissaient si matures. Les animateurs au camp de vacances étaient de vrais hommes avec leurs quelques poils sur le menton. On pleurait à chaud de larmes quand quelque chose n’allait pas comme on le voulait… Mais, on voulait regarder tard la télévision et monter seul à vélo parce qu’on était assez vieux.
Adolescent, à la mode et avide de popularité. On se projetait dans les téléséries comme Beverly Hills où tous les « jeunes » avaient dans la trentaine. On tentait tous les interdits et on n’avait jamais peur des conséquences. Les parents nous paraissaient des rabougris dépassés avec leurs règles et leur couvre-feu… Mais, on sortait danser à la « disco » parce qu’on était plus des gamins et qu’on était assez vieux.
Jeune-adulte, en quête d’accomplissement et avec de tout nouveau projet. On reconnaissait que les enfantillages c’était du passé même si on en faisait toujours autant. La vie se révélait sous une nouvelle perspective, on avait toute la vie devant nous pour nous réaliser. Notre caillou de patron nous semblait peu innovateur, pas assez avant-gardiste pour les « machines » que nous étions… Mais, on sur utilisait l’expression « dans le bon vieux temps » et on écoutait nostalgiquement la musique des années ‘80 parce qu’on était vieux.
Adulte, prospère, le regard confiant et invincible. On était bien dans sa peau, autonome et libre de toute excentricité. On avait tellement d’énergie pour faire tous les petits travaux manuels dans notre nouvelle maison. On jouait à la marelle et aux dinosaures, et on y prenait autant de plaisir que les enfants… Mais, on se couchait tout de suite après le « téléjournal » de 22 h  et on utilisait des crèmes antirides parce qu’on était vieux.
Au fond l’important ce n’est pas le nombre de chandelles sur le gâteau… Mais, c’est surtout d’être jeune de cœur et sage d’esprit.

samedi 15 octobre 2011

Come d'autunno - Présent d'un complice

''Come d'autunno'' par Matteo Battaglia
Rompere i ritmi frenetici e assordanti della città, per immergersi nella quiete e nella pace della natura, magari di una lontana campagna o di un grande parco. L'autunno è arrivato, e si è magicamente posato sui rami degli alberi in festa; foglie color rosso porpora, giallo paglierino, oro, arancio e ancora marrone,li adornano come a formare una cornice dal tono fiabesco. Il ''crank crank'' di alcune foglie ormai secche sotto i piedi di un corridore abitudinario, mentre ogni tanto un tonfo richiama l'attenzione di un piccolo scoiattolo dal pelo marrone, che veloce veloce si affretta a raccogliere il suo prezioso bottino. Un pò più in la, dalla pasticceria in fondo alla strada, il dolce profumo di una torta di mele ancora calda, danza qua e la sotto i nasi di tutti i passanti, rievocando vecchi ricordi fanciulleschi. E' l'autunno, è poesia. Quella stagione che ha un non so che di romantico e di malinconico allo stesso tempo, la stagione adatta per un buon libro, magari un classico dalla copertina consumata, accompagnato da un thè alla vaniglia e qualche biscotto in una piccola caffetteria british, dove guardando fuori dalle sue grandi finestre, ci s'innamora perdutamente ogni dì.

dimanche 9 octobre 2011

Mary Poppins

Reflet à la vitre. Je ne reconnais pas mon image. Avec ces petites cheminées cylindriques sur les toits de ciment, je m’imagine Mary Poppins. Sauf que je n’ai aucun goût particulier pour les ramoneurs. En fait, je n’en connais aucun et de toute façon, je n’ai jamais aimé me salir. Enfant j’évitais trous de boue, gouache avec les doigts et tout le tralala. Ne vous inquiétez pas, je vous assure que l’on peut entièrement profiter de son enfance et ce, même avec une propreté exemplaire. Et pour ainsi dire, je ne pratique pas non plus le « saut en parapluie ». Trop risquée. Trop Disney. Je préfère largement les escaliers, par opposition aux ascenseurs.
Soirée « x » à Paris, prenant ledit engin motorisé en sortant du métro pour rejoindre la surface, car il a de ces stations où la volonté de prendre l’ascenseur domine incontestablement l’envie de faire de l’exercice. Et par là j’entends : « entraînement olympique ». Double triomphe si on tente l’expérience avec des talons hauts! Ceci dit;  les portes s’ouvrent, j’entre, patiente, jusqu’à être entassée sur les autres nombreux grands sportifs. 3, 2, 1, les portes se referment, tétanisés dans cette boîte métallique qui convient parfaitement aux sardines que nous sommes devenus. Et dans ce grincement horrible que certains font avec les dents dans leur sommeil sans se douter que cela leur coûtera une somme exorbitante chez le dentiste plus tard, la cabine s’élève de quelques centimètres. Et soudain, plus rien. Un film de Charlie Chaplin. Dans mes souvenirs, ses films étaient drôlement rigolos. J’ai toujours eu bonne mémoire… Comme quoi il ne faut jamais être sûr de rien. Et pendant ces longues secondes, je m’imagine coincée là. Sans fenêtre, sans air, seulement une cage d’argent. Je regarde chaque visage. Je les dévisage, un à un. Ils doivent se demander pourquoi je les regarde comme un chiot interrogateur qui ne comprend pas pourquoi on le gronde. Perdue dans mes fantasques pensées, je me questionne sur l’éventuelle réaction de chacun si un tel incident arrivait. Par exemple, cette dame à la robe fleurie, elle serait du genre à être prise d’une crise d’angoisse aigue. Ce grand maigre, se sentant tout ce qu’il n’était pas au secondaire, pris d’un gain d’héroïsme. Et peut être même cette Boucle d’or, elle, elle embrasserait assurément le type d’à côté, dans l’espoir du parfait conte de fée. Et moi je, bah, je n’en ai aucune idée. Je manque d’imagination pour mon propre rôle. Et oui, les autres sont souvent plus captivants que nous-même. Stoïque, hystérique peut-être, dramatique, ou tout autre adjectif qui finit en « ique »? Une chose est certaine, si j’étais Mary Poppins je me serais mise à chanter et j’aurais filé parapluie à la main.
Et si j’étais vraiment Mary Poppins, je ne serais pas dans cet ascenseur délabré, mais bien sur un toit à contempler les lumières de Paris.   

dimanche 18 septembre 2011

Per il mio amico scrittore

Cher ami,
Je tente de trouver les mots pour te décrire cet endroit exotique, paradisiaque, entre sommet et mer. Mes plus belles pensées se sont déjà envolées vers cette terre qui me guide en une unique offrande à sa splendeur. L’air a une odeur de liberté, une brise de chaleur qui purifie et calme même les réflexions les plus troublées. Je sens ces petites goûtes d’humidité glissées délicatement sur ma peau. Je suis à l’abri dans ce cocon douillet, rassurant. J’aurai bientôt des ailes pour voler avec les papillons. Le bruit des branches, qui se balancent aux sauts des singes et des oiseaux, me ramène à la quiétude de mon enfance où un rien nous émerveillait. Et le soleil, plongeur entre les feuillages verdâtres, exécute un jeu d’ombrage sur le chemin. Ces mirages de lumière qui me guident vers un plus haut sommet. Je n’ai jamais eu aussi soif. Vite de l’eau pour pouvoir absorber toute cette magie au goût de menthe qui s’évaporera peu à peu dans la descente.
Ici, au milieu de cette forêt enchantée, c’est l’hiver gelé en été. Ça change radicalement de la frénésie de la ville, où la vie suit le rythme des tamtams et s’enchaîne comme les pas d’une salsa. On doit hélas, tôt ou tard, reprendre sa route à la cadence cacophonique des klaxons. Une ville animée et colorée, où tout est hasard, mais à la fois à sa place. Un amalgame d’odeurs, de regards, de couleurs, de saveurs, de créations, de richesse et aussi de pauvreté. Mais surtout, de la spontanéité et de la passion à profusion. Sans oublier la chaleur des gens de même que celle du soleil qui impitoyable, nous contraint à s’évader dans de baignades salées. Chaque jour une nouvelle confrontation entre ce que l’on a appris depuis tout petit et la fraicheur de cette nouvelle culture latine. Un déséquilibre qui amène inévitablement vers une remise en question de sa propre fonctionnalité. Tous les jours, j’apprends ce laisser-aller, les cheveux au vent. Tous les jours, je m’en abreuve avec une telle saveur, une essence de fruits tropicaux. Sur la côte, il n’y a de place que pour l’improvisation… où chaque soirée est inévitablement accompagnée d’un imprenable couché de soleil sur la mer.

Colombia, tu tienes la llave de mi corazon… Et si un jour mon complice, tu désires y accéder, saches que la clé est enfouie quelque part entre les rochers et les arbres, sous le sable fin et la marée.

dimanche 31 juillet 2011

Aux petites heures du matin... On parle.

Les meilleures conversations sont celles à 2 heures du matin.

Un temps où même la lune a peine à rester debout, là-haut au dessus de tout.
C’est le moment où la raison somnole. C’est l’heure où l’on rembobine le court métrage de la journée. C’est le temps où l’esprit oscille entre le rêve et le réalisme, entre la détermination et le pouvoir de réalisation.
Les mots affluents. Dans tous les sens, et ce parfois, sans avoir de sens. Peut-être pour atteindre le quota de phrases à prononcer. Peut-être pour évacuer en syllabes et ainsi, planer, léger, vers le sommeil.
Aucune barrière, pas même celle que sautent les moutons. Un libre-échange. Une commercialisation de mise en forme. Qui parfois n’en avantage qu’un seul. Probablement le plus diplomate des deux.
Quant au plus poète. Celui qui, d’une expression d’ivresse, se jette aveuglément aux bras des révélations. Mais ses mots les plus beaux ne trouvent que l’ombre d’une silhouette déjà évaporée. Un parfum subtil laissé sur l’oreiller.
Ce sont les plus sincères déclarations qui retrouvent à tâtons leur chemin dans cette noirceur tardive. Ce sont les yeux clos que la pensée d’or se manifeste, sans encre ni signatures.
Des fous rires et des larmes gavés d’émotions. De la vie, à ce stade endormi, qui de longue haleine, monte en actes.
Des discutions débridées et décousus que la mémoire, ménagère, tente de raccommoder à la petite aiguille.
Au petit matin nous redevenons des humains.
Capable du bien comme du mauvais.
Capable d’interprétations et de réactions.
Et on s’endort, un demi-sourire aux lèvres d’avoir pu palper la vraie nature des sentiments, qui oscillent en montagnes russes, une barbe à papa à la main.