dimanche 31 juillet 2011

Aux petites heures du matin... On parle.

Les meilleures conversations sont celles à 2 heures du matin.

Un temps où même la lune a peine à rester debout, là-haut au dessus de tout.
C’est le moment où la raison somnole. C’est l’heure où l’on rembobine le court métrage de la journée. C’est le temps où l’esprit oscille entre le rêve et le réalisme, entre la détermination et le pouvoir de réalisation.
Les mots affluents. Dans tous les sens, et ce parfois, sans avoir de sens. Peut-être pour atteindre le quota de phrases à prononcer. Peut-être pour évacuer en syllabes et ainsi, planer, léger, vers le sommeil.
Aucune barrière, pas même celle que sautent les moutons. Un libre-échange. Une commercialisation de mise en forme. Qui parfois n’en avantage qu’un seul. Probablement le plus diplomate des deux.
Quant au plus poète. Celui qui, d’une expression d’ivresse, se jette aveuglément aux bras des révélations. Mais ses mots les plus beaux ne trouvent que l’ombre d’une silhouette déjà évaporée. Un parfum subtil laissé sur l’oreiller.
Ce sont les plus sincères déclarations qui retrouvent à tâtons leur chemin dans cette noirceur tardive. Ce sont les yeux clos que la pensée d’or se manifeste, sans encre ni signatures.
Des fous rires et des larmes gavés d’émotions. De la vie, à ce stade endormi, qui de longue haleine, monte en actes.
Des discutions débridées et décousus que la mémoire, ménagère, tente de raccommoder à la petite aiguille.
Au petit matin nous redevenons des humains.
Capable du bien comme du mauvais.
Capable d’interprétations et de réactions.
Et on s’endort, un demi-sourire aux lèvres d’avoir pu palper la vraie nature des sentiments, qui oscillent en montagnes russes, une barbe à papa à la main.

mercredi 27 juillet 2011

Capture en noir et blanc

La destinée est une vieille bande-annonce en noir et blanc.
Il y a du complot, de la comédie, de la tragédie et du jeu. Surtout du jeu…
Dans cette gare aux hautes arcades de fer, elle attend radieuse, cheveux gondolés sur robe noire et rouge à lèvres. L’horloge indique midi, un soleil de plomb agencé aux trains vapeurs qui partent sifflotant, enchantés. Mais au plus profond d’elle, les sourires des voyageurs perdent de leur tendresse dans la pénible attente des aiguilles qui ne tournent pas assez rapidement. Une cigarette brûle au bout de ses longs doigts de rouge vernis. Le souffle court. De pensées fougueuses qu’elle tente de calmer. Dans ses grands yeux, c’est le froid. Le grand désert qui saisi.
Des chapeaux, des mallettes, des gens en retard. L’assemblée  qui s’empresse et se presse. Au loin, une écharpe bleue qui monte lentement l’escalier. Une marche après l’autre au rythme de son pouls, insistant. Elle serre encore plus fort la petite valise de cuir à sa main gauche. Elle se répète les mêmes mots depuis cette nuit de janvier : «être l’auteur de ses propres gestes». Chaque syllabe est une note à la berceuse. Et, la foule dans son agitation brouille sa vision couleur mer. Soudainement, les minutes se hâtent. Elle n’est pas sans savoir que le temps viendra la chercher, sous l’image d’un homme au veston charbon. Le courage lui manque, autant que la chaleur d’une caresse familière.
Confronter? Elle n’a jamais su tenir tête à quiconque. Derrière ce visage assuré, c’est un tourbillon de tempête qui enverrait n’importe qu’elle bateau au naufrage. Elle recherche celui qui devait être au rendez-vous, mais le rêve a disparu. Pourra-t-elle, sans appuis, jouer le rôle jusqu’au bout? Fuir. Repartir. Tant de fois, elle avait troqué son identité en échange d’un refuge contre elle-même. Sa raison lui commande de résister, mais son corps s’anime déjà, par habitude jamais brisée. Et dans ses grandes enjambées, elle en oubli même ce pourquoi elle est venu. Là, au milieu des étrangers, c’est un chapitre de sa vie qui lui sera dérobé si elle ne revient pas en arrière.

samedi 23 juillet 2011

Up


Aller
Les yeux éblouis par tant de clarté. Le soleil réfléchit sur une mer blanche aux grosses écumes. Les petits têtards translucides glissent, coulent et s’évaporent dans ce désert gondolé. Au dessus, les Dieux qui jouent un jeu. Qui peignent à gros pastels le sol d’un rêve douillet. Qui fait plonger en racines, sans horloges ni presse. Puis le tangible se brouille en lumière de diamant. La richesse aux cieux, des percées parachutes. Prendre le risque et tomber au cœur d’une raison aiguisée. Je me souviendrai toujours de ce sourire d’ange qui fut le parapluie d’une journée brumeuse.
Retour
Une vaste plaine et des nuages à la dérive. Et mes pas sablonneux dans un tracé montagneux. Et le vent souffle dans sa quête dérisoire de ternir l’air suffocant. Un regard toupie à la recherche d’un sourire, ne serait-ce qu’une étoile qui servirait de guide au berger à l’approche de la nuit. Les moments sont comme le sable fin qui me coule entre les doigts. J’avance incertaine dans cet échiquier plus grand que nature. Où dois-je placer ma prochaine pièce? J’ai davantage la chance du débutant que la pro action du stratège.