lundi 19 décembre 2011

L'ultime cadeau

Ceci sera mon dernier témoignage à Paris. Ma dernière confession; une petite fenêtre, un endroit clos et que le silence d’un dialogue entre moi et l’infini.
Je n’ai jamais aimé le terme « dernier »; tellement péjoratif et mesquin. Pour employer un tel mot cela implique une action. Or, une action est en soi un accomplissement de l’avoir réaliser. Alors pourquoi être relayé au rang de dernier alors qu’on a eu le courage d’essayer… parce que c’est exactement ce que j’ai fait.
Reprise. Ce sera donc une confession, mais non pas la dernière. Ce sera donc un sommaire, une lettre pour remercier, un texte pour revivre et apprécier.
Je suis étrangère à ce pays, mais étrangement, je me sens bien dans cette étrangeté. Un méli-mélo de saveurs où se mêlent épices et cuisine du monde. Bref, un énorme buffet où l’on goûte à tout. Où l’on se sent rassasier, même parfois trop plein, mais où l’on en redemande toujours encore. C’est peut-être ça le voyage, un buffet sans vivres. Une dépendance viscérale, qui crie famine, que l’on ne peut jamais arrêter ou même contrôler. Où l’adrénaline de la découverte stimule, exhale, nous donne des ailes et les moyens de faire des folies. Ma folie s’est révélée être la plus belle expérience jamais entreprise, le plus beau cadeau jamais fait. J’ai reçu le plus beau présent. Comment utiliser la chose la plus précieuse qu’on s’est vu offerte? Comment en retirer le meilleur et aussi le partager?
Des larmes s’échappent doucement de mes yeux envahis de ces beautés et il n’y a que le ciel qui en est témoin. Il n’y a que lui qui sait la mesure de ma reconnaissance et qui sait que dans ce périple, chaque émotion a été vécu avec une authenticité de gamine.
Pourquoi faudrait-il dire adieu à tout cela? Je ne dis pas adieu… car ces moments vivront éternellement dans ce rêve éveillé. Ils feront à jamais partie de moi. Je pourrai actionner à tout moment la machine et être plongée à nouveau dans cette noirceur un maïs soufflé à la main. Je pourrai continuer sans fin à être cette actrice et spectatrice, à trouver de nouveau détails et à percevoir de nouvelles choses. Un film aux milles scènes, qui en séquences indépendantes constitue un ensemble indivisible.
Ce sera l’œuvre d’une vie. Un classique en noir et blanc que l'on offre dans un emballage aux couleurs de Noël.

mercredi 9 novembre 2011

Walking like a one man army

Une fameuse place. Un escalier menant au ciel. Marcher doucement avec les anges. L’odeur d’automne ramenant à la maison. Sur le chemin, de vieilles connaissances. Celles qui surprennent et aussi celles qui prennent la tête. Les amours perdus. Les inachevés. Ça joue à cache-cache. Des petits yeux malins qui épient. Un rire d’enfant familier. Un trait qui ne cesse de s’élever sur la penture. Le temps compte derrière le grand arbre. Les histoires s’empilent. Poussiéreux, les écrits demeurent. Au cœur d’un parc éternel. Une balade mélodieuse. Les pas pesants d’aventures. Fighting with the shadows in your head. Toujours là. Tu avais presque oublié.

Malgré le vent qui souffle. Malgré l’orage qui efface. Malgré la neige qui enfouit. Certains se sont enracinés. Au creux de l’oreille. Ces petites frayeurs murmurent. Ces petits frissons même sous le soleil de plomb. Ces histoires de feu de camp qui donnent la frousse. Cette scène de théâtre que l’on répète sans cesse. Ce texte mémorisé par cœur. S’ils pouvaient vraiment devenir mots. Better put them in quotations. La délivrance d’une main tremblante. Jusqu’au vide absolu. Sur papier d’origami. Destination, les astres.

Les bras en avion. Prêt pour une nouvelle escapade. Défait de la pesanteur. Prendre son envole. Une piste colorée à perte de vue. Courir à toutes jambes, sans limite. Crier sans pudeur. Rire sans raison. Prendre la chance même si l’on n’est pas joueur. Dire spontanément car les moments sont impatients. You better know that in the end is better to say too much than never to say. Une nervosité de grands événements. Tout en blanc. Un témoin du bonheur qui nous tend la main.

Dis, à quel âge on devient vieux?!

Selon le dictionnaire le terme « vieux » désigne quelque chose d’un certain âge, ancien, qui existe depuis longtemps.
Enfant, spontané, les yeux grands et éblouis. On regardait le monde d’en dessous. On pleurait à chaud de larmes pour un rien. Tout nous amusait. Les grands frères et les grandes sœurs nous paraissaient si matures. Les animateurs au camp de vacances étaient de vrais hommes avec leurs quelques poils sur le menton. On pleurait à chaud de larmes quand quelque chose n’allait pas comme on le voulait… Mais, on voulait regarder tard la télévision et monter seul à vélo parce qu’on était assez vieux.
Adolescent, à la mode et avide de popularité. On se projetait dans les téléséries comme Beverly Hills où tous les « jeunes » avaient dans la trentaine. On tentait tous les interdits et on n’avait jamais peur des conséquences. Les parents nous paraissaient des rabougris dépassés avec leurs règles et leur couvre-feu… Mais, on sortait danser à la « disco » parce qu’on était plus des gamins et qu’on était assez vieux.
Jeune-adulte, en quête d’accomplissement et avec de tout nouveau projet. On reconnaissait que les enfantillages c’était du passé même si on en faisait toujours autant. La vie se révélait sous une nouvelle perspective, on avait toute la vie devant nous pour nous réaliser. Notre caillou de patron nous semblait peu innovateur, pas assez avant-gardiste pour les « machines » que nous étions… Mais, on sur utilisait l’expression « dans le bon vieux temps » et on écoutait nostalgiquement la musique des années ‘80 parce qu’on était vieux.
Adulte, prospère, le regard confiant et invincible. On était bien dans sa peau, autonome et libre de toute excentricité. On avait tellement d’énergie pour faire tous les petits travaux manuels dans notre nouvelle maison. On jouait à la marelle et aux dinosaures, et on y prenait autant de plaisir que les enfants… Mais, on se couchait tout de suite après le « téléjournal » de 22 h  et on utilisait des crèmes antirides parce qu’on était vieux.
Au fond l’important ce n’est pas le nombre de chandelles sur le gâteau… Mais, c’est surtout d’être jeune de cœur et sage d’esprit.

samedi 15 octobre 2011

Come d'autunno - Présent d'un complice

''Come d'autunno'' par Matteo Battaglia
Rompere i ritmi frenetici e assordanti della città, per immergersi nella quiete e nella pace della natura, magari di una lontana campagna o di un grande parco. L'autunno è arrivato, e si è magicamente posato sui rami degli alberi in festa; foglie color rosso porpora, giallo paglierino, oro, arancio e ancora marrone,li adornano come a formare una cornice dal tono fiabesco. Il ''crank crank'' di alcune foglie ormai secche sotto i piedi di un corridore abitudinario, mentre ogni tanto un tonfo richiama l'attenzione di un piccolo scoiattolo dal pelo marrone, che veloce veloce si affretta a raccogliere il suo prezioso bottino. Un pò più in la, dalla pasticceria in fondo alla strada, il dolce profumo di una torta di mele ancora calda, danza qua e la sotto i nasi di tutti i passanti, rievocando vecchi ricordi fanciulleschi. E' l'autunno, è poesia. Quella stagione che ha un non so che di romantico e di malinconico allo stesso tempo, la stagione adatta per un buon libro, magari un classico dalla copertina consumata, accompagnato da un thè alla vaniglia e qualche biscotto in una piccola caffetteria british, dove guardando fuori dalle sue grandi finestre, ci s'innamora perdutamente ogni dì.

dimanche 9 octobre 2011

Mary Poppins

Reflet à la vitre. Je ne reconnais pas mon image. Avec ces petites cheminées cylindriques sur les toits de ciment, je m’imagine Mary Poppins. Sauf que je n’ai aucun goût particulier pour les ramoneurs. En fait, je n’en connais aucun et de toute façon, je n’ai jamais aimé me salir. Enfant j’évitais trous de boue, gouache avec les doigts et tout le tralala. Ne vous inquiétez pas, je vous assure que l’on peut entièrement profiter de son enfance et ce, même avec une propreté exemplaire. Et pour ainsi dire, je ne pratique pas non plus le « saut en parapluie ». Trop risquée. Trop Disney. Je préfère largement les escaliers, par opposition aux ascenseurs.
Soirée « x » à Paris, prenant ledit engin motorisé en sortant du métro pour rejoindre la surface, car il a de ces stations où la volonté de prendre l’ascenseur domine incontestablement l’envie de faire de l’exercice. Et par là j’entends : « entraînement olympique ». Double triomphe si on tente l’expérience avec des talons hauts! Ceci dit;  les portes s’ouvrent, j’entre, patiente, jusqu’à être entassée sur les autres nombreux grands sportifs. 3, 2, 1, les portes se referment, tétanisés dans cette boîte métallique qui convient parfaitement aux sardines que nous sommes devenus. Et dans ce grincement horrible que certains font avec les dents dans leur sommeil sans se douter que cela leur coûtera une somme exorbitante chez le dentiste plus tard, la cabine s’élève de quelques centimètres. Et soudain, plus rien. Un film de Charlie Chaplin. Dans mes souvenirs, ses films étaient drôlement rigolos. J’ai toujours eu bonne mémoire… Comme quoi il ne faut jamais être sûr de rien. Et pendant ces longues secondes, je m’imagine coincée là. Sans fenêtre, sans air, seulement une cage d’argent. Je regarde chaque visage. Je les dévisage, un à un. Ils doivent se demander pourquoi je les regarde comme un chiot interrogateur qui ne comprend pas pourquoi on le gronde. Perdue dans mes fantasques pensées, je me questionne sur l’éventuelle réaction de chacun si un tel incident arrivait. Par exemple, cette dame à la robe fleurie, elle serait du genre à être prise d’une crise d’angoisse aigue. Ce grand maigre, se sentant tout ce qu’il n’était pas au secondaire, pris d’un gain d’héroïsme. Et peut être même cette Boucle d’or, elle, elle embrasserait assurément le type d’à côté, dans l’espoir du parfait conte de fée. Et moi je, bah, je n’en ai aucune idée. Je manque d’imagination pour mon propre rôle. Et oui, les autres sont souvent plus captivants que nous-même. Stoïque, hystérique peut-être, dramatique, ou tout autre adjectif qui finit en « ique »? Une chose est certaine, si j’étais Mary Poppins je me serais mise à chanter et j’aurais filé parapluie à la main.
Et si j’étais vraiment Mary Poppins, je ne serais pas dans cet ascenseur délabré, mais bien sur un toit à contempler les lumières de Paris.   

dimanche 18 septembre 2011

Per il mio amico scrittore

Cher ami,
Je tente de trouver les mots pour te décrire cet endroit exotique, paradisiaque, entre sommet et mer. Mes plus belles pensées se sont déjà envolées vers cette terre qui me guide en une unique offrande à sa splendeur. L’air a une odeur de liberté, une brise de chaleur qui purifie et calme même les réflexions les plus troublées. Je sens ces petites goûtes d’humidité glissées délicatement sur ma peau. Je suis à l’abri dans ce cocon douillet, rassurant. J’aurai bientôt des ailes pour voler avec les papillons. Le bruit des branches, qui se balancent aux sauts des singes et des oiseaux, me ramène à la quiétude de mon enfance où un rien nous émerveillait. Et le soleil, plongeur entre les feuillages verdâtres, exécute un jeu d’ombrage sur le chemin. Ces mirages de lumière qui me guident vers un plus haut sommet. Je n’ai jamais eu aussi soif. Vite de l’eau pour pouvoir absorber toute cette magie au goût de menthe qui s’évaporera peu à peu dans la descente.
Ici, au milieu de cette forêt enchantée, c’est l’hiver gelé en été. Ça change radicalement de la frénésie de la ville, où la vie suit le rythme des tamtams et s’enchaîne comme les pas d’une salsa. On doit hélas, tôt ou tard, reprendre sa route à la cadence cacophonique des klaxons. Une ville animée et colorée, où tout est hasard, mais à la fois à sa place. Un amalgame d’odeurs, de regards, de couleurs, de saveurs, de créations, de richesse et aussi de pauvreté. Mais surtout, de la spontanéité et de la passion à profusion. Sans oublier la chaleur des gens de même que celle du soleil qui impitoyable, nous contraint à s’évader dans de baignades salées. Chaque jour une nouvelle confrontation entre ce que l’on a appris depuis tout petit et la fraicheur de cette nouvelle culture latine. Un déséquilibre qui amène inévitablement vers une remise en question de sa propre fonctionnalité. Tous les jours, j’apprends ce laisser-aller, les cheveux au vent. Tous les jours, je m’en abreuve avec une telle saveur, une essence de fruits tropicaux. Sur la côte, il n’y a de place que pour l’improvisation… où chaque soirée est inévitablement accompagnée d’un imprenable couché de soleil sur la mer.

Colombia, tu tienes la llave de mi corazon… Et si un jour mon complice, tu désires y accéder, saches que la clé est enfouie quelque part entre les rochers et les arbres, sous le sable fin et la marée.

dimanche 31 juillet 2011

Aux petites heures du matin... On parle.

Les meilleures conversations sont celles à 2 heures du matin.

Un temps où même la lune a peine à rester debout, là-haut au dessus de tout.
C’est le moment où la raison somnole. C’est l’heure où l’on rembobine le court métrage de la journée. C’est le temps où l’esprit oscille entre le rêve et le réalisme, entre la détermination et le pouvoir de réalisation.
Les mots affluents. Dans tous les sens, et ce parfois, sans avoir de sens. Peut-être pour atteindre le quota de phrases à prononcer. Peut-être pour évacuer en syllabes et ainsi, planer, léger, vers le sommeil.
Aucune barrière, pas même celle que sautent les moutons. Un libre-échange. Une commercialisation de mise en forme. Qui parfois n’en avantage qu’un seul. Probablement le plus diplomate des deux.
Quant au plus poète. Celui qui, d’une expression d’ivresse, se jette aveuglément aux bras des révélations. Mais ses mots les plus beaux ne trouvent que l’ombre d’une silhouette déjà évaporée. Un parfum subtil laissé sur l’oreiller.
Ce sont les plus sincères déclarations qui retrouvent à tâtons leur chemin dans cette noirceur tardive. Ce sont les yeux clos que la pensée d’or se manifeste, sans encre ni signatures.
Des fous rires et des larmes gavés d’émotions. De la vie, à ce stade endormi, qui de longue haleine, monte en actes.
Des discutions débridées et décousus que la mémoire, ménagère, tente de raccommoder à la petite aiguille.
Au petit matin nous redevenons des humains.
Capable du bien comme du mauvais.
Capable d’interprétations et de réactions.
Et on s’endort, un demi-sourire aux lèvres d’avoir pu palper la vraie nature des sentiments, qui oscillent en montagnes russes, une barbe à papa à la main.

mercredi 27 juillet 2011

Capture en noir et blanc

La destinée est une vieille bande-annonce en noir et blanc.
Il y a du complot, de la comédie, de la tragédie et du jeu. Surtout du jeu…
Dans cette gare aux hautes arcades de fer, elle attend radieuse, cheveux gondolés sur robe noire et rouge à lèvres. L’horloge indique midi, un soleil de plomb agencé aux trains vapeurs qui partent sifflotant, enchantés. Mais au plus profond d’elle, les sourires des voyageurs perdent de leur tendresse dans la pénible attente des aiguilles qui ne tournent pas assez rapidement. Une cigarette brûle au bout de ses longs doigts de rouge vernis. Le souffle court. De pensées fougueuses qu’elle tente de calmer. Dans ses grands yeux, c’est le froid. Le grand désert qui saisi.
Des chapeaux, des mallettes, des gens en retard. L’assemblée  qui s’empresse et se presse. Au loin, une écharpe bleue qui monte lentement l’escalier. Une marche après l’autre au rythme de son pouls, insistant. Elle serre encore plus fort la petite valise de cuir à sa main gauche. Elle se répète les mêmes mots depuis cette nuit de janvier : «être l’auteur de ses propres gestes». Chaque syllabe est une note à la berceuse. Et, la foule dans son agitation brouille sa vision couleur mer. Soudainement, les minutes se hâtent. Elle n’est pas sans savoir que le temps viendra la chercher, sous l’image d’un homme au veston charbon. Le courage lui manque, autant que la chaleur d’une caresse familière.
Confronter? Elle n’a jamais su tenir tête à quiconque. Derrière ce visage assuré, c’est un tourbillon de tempête qui enverrait n’importe qu’elle bateau au naufrage. Elle recherche celui qui devait être au rendez-vous, mais le rêve a disparu. Pourra-t-elle, sans appuis, jouer le rôle jusqu’au bout? Fuir. Repartir. Tant de fois, elle avait troqué son identité en échange d’un refuge contre elle-même. Sa raison lui commande de résister, mais son corps s’anime déjà, par habitude jamais brisée. Et dans ses grandes enjambées, elle en oubli même ce pourquoi elle est venu. Là, au milieu des étrangers, c’est un chapitre de sa vie qui lui sera dérobé si elle ne revient pas en arrière.

samedi 23 juillet 2011

Up


Aller
Les yeux éblouis par tant de clarté. Le soleil réfléchit sur une mer blanche aux grosses écumes. Les petits têtards translucides glissent, coulent et s’évaporent dans ce désert gondolé. Au dessus, les Dieux qui jouent un jeu. Qui peignent à gros pastels le sol d’un rêve douillet. Qui fait plonger en racines, sans horloges ni presse. Puis le tangible se brouille en lumière de diamant. La richesse aux cieux, des percées parachutes. Prendre le risque et tomber au cœur d’une raison aiguisée. Je me souviendrai toujours de ce sourire d’ange qui fut le parapluie d’une journée brumeuse.
Retour
Une vaste plaine et des nuages à la dérive. Et mes pas sablonneux dans un tracé montagneux. Et le vent souffle dans sa quête dérisoire de ternir l’air suffocant. Un regard toupie à la recherche d’un sourire, ne serait-ce qu’une étoile qui servirait de guide au berger à l’approche de la nuit. Les moments sont comme le sable fin qui me coule entre les doigts. J’avance incertaine dans cet échiquier plus grand que nature. Où dois-je placer ma prochaine pièce? J’ai davantage la chance du débutant que la pro action du stratège. 

lundi 9 mai 2011

Ciel de Paris

Retour à la poésie après un temps d'accalmie..
Se détacherait bien de la terre comme le ciel d’opéra
Planant d’art au dessus des grands monuments
Sans retenue aucune pour la poussée du vent
Serait bien un de ces nuages fuyants
Qui portent et qui transportent
Aucun poids sur les épaules
Que les reflets du soleil pour réchauffer
Que la lueur de la lune pour apaiser
Dans l’œil photographe
On n’entrevoit plus l’avenir
Car le jour est tombé
L’objectif tarde à saisir
La beauté du cliché n’est plus qu’un vague souvenir
Figé, il manque même de mots pour raconter

Tout au bout de l’avenue  
Le drapeau vague à l’horizon
Et le sol de la patrie nous semble désormais bien plus lointain.

jeudi 5 mai 2011

Je marche à l'envers

Mon cœur bondit. Mon cœur est en suspend. C’est le moment que je préfère, celui où l’on ne touche plus le sol que de quelques centimètres. C’est le moment où l’aventure débute. C’est le moment d’un tout nouveau chapitre que j’ai déjà hâte de parcourir, de dévorer. Je prends mon envol. Je suis dans les nuages et ça me rêver même avec le soleil qui éblouit. Le calme m’habite, je n’ai pas peur, je flotte entre ciel et terre, entre un pays et un autre. Les possibilités sont infinies. Ça me fait sourire et aussi, bien sûr, réfléchir. « Être sage, j’ai pas envi. Je plane, j’ai des envies de voler vers l’infini, vers d’autres univers. » Je saisis cet instant de tranquillité mélodique, je saisis la chance que j’ai et chaque opportunité. Je pourrai dire que j’ai vu, que j’ai vécu chaque moment, chaque gamme d’humeur. Demeurer jeune en conservant son cœur d’enfant. À ceux qui croient que le but de la vie c’est d’avoir un plan défini, je leur réponds : « le voici mon plan, celui d’être animée par le désir de connaître, de découvrir et de partager ». Je suis un grand enfant, ou alors, une petite adulte.
De l’éveil en poussette
Déjà l’aventure aux pieds
Au commencement de la pièce
Un globe terrestre que l’on fait tourner
Accompagner par des mains familières
Une petite planète aux yeux
Une sérénité d’avion
Des rires à l’italienne
Des attentes ferroviaires
Des rencontres célestes
Des papilles tentatrices  
Des conversations polyglottes
Une mémoire en instants
D’un livre inachevé
Un autre tome à composer
À l’imagination infantile
D’un dénouement de conte de fées
 

dimanche 17 avril 2011

Sur le chemin

Je saute à la corde à danser, comme lorsque j'étais petite. Le bruit répétitif de la corde sur le ciment m’entraîne dans un monde de réflexions…
Je regarde en arrière. Tout ce que j’ai vécu, tout ce que j’ai accomplis, toutes ces personnes qui ont été là à un moment ou à un autre. Tous ces défis, ces questions, ces projets, ces rires et aussi, inévitablement, ces moments de doutes. Chaque croisement, chacun de ces choix, qui m’ont mené à être ici aujourd’hui. Encore plus forte. Une toute nouvelle version améliorée.
La vie est sinueuse, parsemée de petites routes qui mène vers différents desseins.
Parfois, on emprunte quelques ruelles obscures et même des impasses qui nous obligent à rebrousser chemin, mais aussi des grandes allées ensoleillées. Peut importe la route, c’est le chemin parcourus qui compte et non la destination. Avis aux coureurs, ce n’est pas une question de vitesse, mais plutôt de prendre le temps d’apprécier le voyage. Le plaisir dans tout ça, c’est de rencontrer des gens de tout horizon, qui nous change, qui nous imprègne. C’est aussi de ce mettre constamment au défi, de se requestionner et d’en retirer le meilleur. Le but, ce n’est pas de devenir parfait, loin de là, c’est de s’estimer, de se faire confiance et de se laisser aller.
Dans ce nouvel environnement, qui n’était jusqu’alors pas le mien, c’est ici que je me retrouve. En espérant pouvoir en apprendre davantage sur comment donner et recevoir. Sortir de sa zone de confort et de voyager, c’est de remettre en perspective ce que l’on connaît et surtout de s’ouvrir à toutes les opportunités. L’évolution. Un terme qui invoque de grandes choses et qui promet une vie pimentée de sensations intenses et parfois contradictoires.
Le retour aux sources…  « Finding our way home », ce n’est peut-être pas ce bâtiment de brique, mais probablement ce qui est encré en nous et ceux qui y participent. Le matériel n’a jamais cimenté le bonheur à la personne. La fierté d’accomplir ses rêves, d’aider et d’être aider, c’est ce qui nous rapproche de nous-mêmes et des autres.
Merci à la musique, ma fidèle amie, dans cette épopée au cœur du vieux continent.

vendredi 25 mars 2011

Et... action!

Par la fenêtre. La petite ville de Meaux s’anime devant l’hôtel de ville et son cloché. Le soleil, par la fenêtre, amène le printemps. Je prends enfin le temps de me poser et d’écrire toutes ces choses qui font de ce voyage un vrai long métrage. Pas un drame, ni une comédie, juste un film.
Retour en arrière… Rewind.
Prise 1
Paris. Palais du Luxembourg. Il fait encore un peu gris et froid, mais ce temps de février ne m’empêche pas d’explorer. Autour de moi, des rangées de grands arbres qui mènent à un immense bâtiment : le palais du Luxembourg, où siège le Sénat. L’endroit est simplement magnifique. Je passe devant le palais, le lieu est hautement sécurisé. Devant l’entrée, un policier arrête les voitures dans la rue pour laisser passer une voiture sortant dudit palais. Probablement un sénateur, bref quelqu’un d’important, qui en biais dans les deux voies s’allume tranquillement une cigarette bloquant ainsi la circulation. C’est beau le pouvoir!
Prise 2
Paris. Le Marais. Ayant magasinée avec les yeux (hé oui!) toute la matinée dans le quartier branché de Paris, j’ai une faim de loup et décide de m’arrêter dans un mignon petit café. L’endroit m’a l’air parfait pour une pause. Je pousse la porte, m’assit à une table près d’une grande vitre donnant sur la rue et observe. Il y a quoi, une dizaine de client dans le petit restaurant et le propriétaire semble dans le pire « rush » de sa vie. Ordres après ordres pour ses serveurs et ses cuisiniers, il n’a même pas le temps de nous gratifier d’un sourire, nous ses clients, qui faisons vivre son restaurant et parallèlement lui-même. La vie parisienne est ma fois vraiment très stressante… mais moi je mange tranquillement en me régalant de ce spectacle.
Prise 3
Madrid. Espagne. Les jours sont comptés, pas de temps à perdre. Je dresse une liste de tout ce que je dois faire et quelle chance, c’est Carnaval à Madrid. Première expérience de Carnaval au Colegio Siglo XXI. L’ambiance est déjà à la fête lorsque j’entre dans l’école, les enfants sont tous costumés et préparent leurs « chirigotas » pour l’après-midi. Insertion d'une parenthèse éducative ici : « La chirigota es una agrupación músico coral de carácter carnavalesco que canta principalmente por las calles ofreciendo coplas humorísticas al pueblo. ». Ma traduction en français : Les chirigotas sont en fait des groupes de personnes qui chantent, principalement dans les rues, des chansons aux couplets humoristiques pour le peuple. Deux jours plus tard, j’ai la chance d’être à l'extérieur parmi la foule dans le quartier Sol et d’entendre las chirigotas des adultes, aux paroles un peu plus « audacieuses ».  
Prise 4
St Pée sur Nivelle. Pays Basque. Il y a des lunes que je n’ai pas eu accès à la télévision. Le bulletin de nouvelles parle des désastres survenus au Japon. C’est la première fois que je vois en images les immenses vagues du Tsunami s’abattrent sur les côtes japonaises et les dégâts des tremblements de terre sur la centrale nucléaire de Fukushima. Quand on lit ces mots c’est terrible, mais en image c’est encore pire. Ça coupe la voix et provoque inévitablement la réflexion. Et sur la chaîne française ce soir, on analyse l’impact économique de ce désastre sur la France dans une formule peu compatissante avec des petits graphiques. Économie ne rime guère avec humanisme, quelle désolation et surtout, quelle honte pour la communauté internationale, qui se reflète dans cette description cartésienne teintée d’intérêts mercantiles. Je prends ainsi un moment pour exprimer mes plus sincères condoléances aux victimes ainsi qu'aux familles et espère que la communauté internationnale réagira rapidement pour éviter une autre catastrophe nucléaire.

mercredi 2 mars 2011

Stand by me

Lumière tamisée, dans une petite chambre aux murs remplis d’histoires. Grattement de guitare, des sourires « accentués », des yeux pétillants aux visions différentes et quelques amis provenant d’un peu partout. Dehors, une jolie chanson. Accordée à chaque note, la pluie tombe doucement. On ne peut que distinguer la mélodie des esprits qui chantent en cœur, peu importe la langue, la culture, la religion et le passé. La musique réunit, et dans ce temps d’éloignement, elle fait le plus grand bien. On se comprend dans nos dandinements, on se comprend dans nos balans, dans notre besoin de partager pour être plus solide, entouré.
Dans un environnement jusqu’alors inconnu et avec pour compagnon que soi-même, la chaleur de cette nuit musicale réconforte. Elle est similaire à la berceuse du parent pour s’endormir : un apaisement sincère. Tout dans cette pièce est harmonie. Sans même se connaître beaucoup, on offre tout ce que l’on est en ne demandant rien en retour. Pas de questions à poser, ni de réponses à recevoir, seulement de l’ouverture et de la confiance. Ce soir, nos voix ne font qu’un. Ce soir, nos appréhensions s’envolent avec les paroles. Ce soir, « we all stand by each other ».

jeudi 17 février 2011

De novembre à aujourd'hui...

Des souvenirs, du passé, un aller dans le froid sur bande défilante de musique hétéroclite. On dirait que je suis atterrie dans un mauvais film d’horreur. Un temps de novembre. Des maisons décrépies, des déchets bordant les rues, un homme au regard croche qui fume une cigarette, une poupée au regard triste, salie. Même les noms de rues sont déviants. Je marche, je sens le froid sur mes joues, descendre le long de mon dos et stopper net à mes genoux. Ça claque. Par froid ou peut être par manque de courage. La seule chose qui m’anime dans cette introspection c’est le soleil. Je perçois encore sa bienveillance, les yeux fermés. Le silence m’entoure. Je suis dans une éprouvette. J’expérimente hâtivement les émotions de l’inconnu pour mieux les apprécier le moment venu. Paradoxale? Probable. Je vis dans la projection, mais aussi dans ma mémoire. Je vis dans l’attente que ces histoires deviennent celles de demain. Pour pouvoir me les appropriées, les transformer, les raconter. Au loin, ma destination, enfin! Tremblante, je hâte le pas, mes genoux sont glacés. Et en traversant les lourdes portent, je sens la chaleur cosmopolite. Des gens, des gens partout, bruyants, trop bruyants. Je prends place et me laisse emporter machinalement. Le regard lourd d’introspection. Je ne vois que la masse et mes appréhensions. À nouveaux dehors, les minutes ont passées sans que je les remarque. Un nouveau quartier, plus rassurant. En fait, davantage familier. Pourquoi ce que l’on connaît nous semble toujours plus rassurant? Je crois que nous, humains, manquons de confiance. Mais, je refais confiance quand je lis ces paroles si inspirantes : « je suis un rêveur, pas un chanceux. N'attendez pas votre chance, réaliser vos rêves c'est tout. ». J’entends alors de nouveau la mélodie qui me donne envie de fredonner et de suivre sa suggestion. Prendre un temps. Un temps pour savourer, un temps pour comprendre et un temps pour repartir.
Café à la main, j’inspire profondément et j’apprécie. Apprécier : La chance, mais aussi le mérite. Profiter de toutes les opportunités parce qu’elles sont un juste retour des choses. S’offrir ses moments au ralentit. Rire au éclat, crier à tue tête, fondre en larmes, danser avec son âme, courir à s’en faire bondir le cœur, aimer à en perdre la raison. Se donner le pouvoir de ressentir chaque gamme, de l’envisager comme un accomplissement. Ces goûts de caféine, je les saisis.
Saisir : chaque occasion de s’analyser, de se remettre en question, de s’enrichir. Briller de curiosité, sans jugement et sans prétention. Dépasser les limites du confort, toucher à l’inédit, à l’interdit. Les nouvelles connaissances nous aident à avancer, à faire le pont, à se réconcilier et à se réécrire. Toujours se redéfinir. Dans un nouveau cadre, sous les mêmes traits, un nouveau portrait. Cette œuvre d’une vie, je l’entreprends.
Entreprendre : Le grand saut. Celui qui fait frémir, mais aussi celui qui nous rend invincible. Des choses que l’on ne croyait pas capable de faire que l’on raille soudainement d’un trait. Se faire confiance, dans l’inconnu autant que dans l’adversité. Se donner les moyens de se réaliser. L’incertitude est un moteur à la création. Et à chaque jour, une nouvelle inspiration tout droit venu du cœur de celui qui réalise un rêve, un grand défi. 

vendredi 11 février 2011

Coup de foudre

Il fait bon, il fait doux. La nuit tombe tranquillement. Sortie métro Saint-Paul dans le Marais. Le quartier est animé par les gens dans leur course folle pour rentrer du boulot. Je marche un peu, n’importe où, en direction de… de rien. Je me laisse imprégner de la ville, de ses bruits métropolitains, de son odeur d’agrumes et surtout de sa mémorable architecture.
Ce soir là, je ne pouvais pas me douter que j’avais rendez-vous avec mon destin.
Une petite rue étroite comme tant d’autres, je tourne tout de même. Et c’est là que, de l’autre côté de la rue, je vois cette miniature boutique à la façade bleue. J’entre sans bruit, où plutôt j’essaie car la vieille porte de bois grince terriblement. Une dame au grand sourire et aux yeux plein de bonté m’accueille chaleureusement avec un bel accent russe. Elle me fait penser à « buccolique Natalia ». Douce et distinguée, elle me parle de ses « œuvres », que je regarde, les yeux pétillants, avec la plus grande attention.
Pendant au moins une bonne heure, je parle avec la créatrice, je contemple avec admiration et j’essaie bien sûr tout ce que je peux essayer. Peu importe où mes yeux se posent, il n’y a que beauté. Une vraie caverne d’Ali Baba qui brille de mille et une couleurs. Vous avez sans doute deviné de quoi  je parle! Ceux qui me connaissent bien savent ma passion (remarquez le soulignement) pour les bijoux artisanaux. Poupée blonde a bon goût côté accessoires, ça me vient d’ailleurs de ma Grand-Maman maternelle!
Le destin en était joué. J’étais tombée sous le charme de Bijoux Blues et de sa propriétaire. Et quand on aime, on peut faire des folies! Ça oui! And believe me, the earrings are literally to die for! Je me suis ainsi promis de déclarer publiquement mon amour, ce que je fais à l’instant.
Alors, si un jour vous passez par Paris, faite un détour (effectivement!) rue Saint-Paul. Ça vaut le coup d’œil!

lundi 7 février 2011

Robe grise et talons hauts

Cadran qui sonne, il est 5 h du matin et il est beaucoup trop tôt pour se préparer pour une grande sortie. Le RER arrête devant moi, le reflet de ma silhouette dans la vitre : robe, bas collants, talons hauts noirs et (pour quelqu’un qui est loin d’être une Lise Watier) extra maquillage.  Je suis prête pour l’émission Le Banquier ou pour une prestation à Eurodisney! J’ai le look princier pour mon premier jour.
Mon histoire commence comme suit : comme dans les contes de fées, il y a des princesses, beaucoup de princesses, des méchants, mais pas de prince charmant. (Ben quoi, c’est mon histoire non?!)
Nous, princesses, avons toutes la même robe, du style Jackie Kennedy (j’adore!), et le même regard fatigué derrière notre fard à paupières et notre mascara. Il est maintenant 8h et nous avons droit à une inspection complète avant d’entrer en scène. Pas de mailles, assez haut les souliers, retouche rouge à lèvres, coiffure « impec »? Nous sommes prêtes! Notre mission : accueillir, diriger et surtout sourire. Je suis une Lucky Luke, vite sur la gâchette, je suis prête à décocher un sourire au moindre visiteur.  
Et au loin, arrivant de l’étage inférieur, la Belle-Mère et ses deux assistants aux grosses lunettes font leur entrée pour veiller à notre bonne conduite et à l’exécution de nos tâches. ELLE, toujours suivi des deux autres « granos du Plateau », passe d’une fille à l’autre, le regard affilée. Ici et là, quelques paroles critiques, évidemment répétées par son perroquet au cas où l’on n’aurait pas entendu. L’expression : « sois belle et tais toi » prend désormais tout son sens. Je me rappelle que je ne concours pas pour devenir Miss France alors, je me détends un peu.
Puis vient l’heure de dîner. Dans la salle de repos, des plaintes des princesses qui se meurent d’avoir passé toutes ces heures debout et surtout dans de tels chaussures. Mais qui a créé les souliers à talons que je lui dise un mot?! Perso : ok c’est élégant quoi 30 minutes, mais le reste du temps bon Dieu que c’est souffrant! Et qui a dit qu’il fallait être le plus grand possible! Décidément, je suis hors norme de la mode et ça me convient parfaitement, je peux marcher à mon aise! La journée passe tout de même vite sous l’œil approbateur et/ou désapprobateur des justiciers de la beauté.
Dans la nuit noire, je rentre, épuisée, les pieds en feu dans mes escarpins, là-haut Chester me sourit de toutes ces dents et j’ai de l’inspiration pour écrire un conte, ma foi, très moderne…

P.S. Salutations à Linda et Maeva qui ont fait de cette expérience, un beau souvenir!

dimanche 30 janvier 2011

Parlons bouffe.

Samedi, jour des courses.
Quand on pense à la France, on s’imagine ses mignons petits marchés extérieurs bondés de fruits colorés et de légumes frais. Où les odeurs se mélangent et donnent appétit. Mais quand on a besoin de faire le plein pour le mois, on va chez Carrefour! Oubliez les « superettes » (petites épiceries de quartier), rien à voir. Ce magasin, ce n’est pas seulement une épicerie c’est un tout en un, ou en bon français, c’est du « délire »! Il y a tout, vraiment tout ce que vous voulez : des ours en peluche aux surgelés. Pour ma part,  j’adore vraiment magasiner mes sous-vêtements (en toute intimité) en même temps que mes légumes, pas vous?!?
Mais le mieux, ce qui détrône sans contredit tout ce que j’ai pu voir dans les rayons, c’est la douchette (dit scannette – petite manette qui scanne les produits). Le principe : scanner ce que l’on veut acheter, mettre les produits tout de suite dans nos sacs et payer à la machine à la sortie. Le consommateur est à la fois client, caissier et emballeur! J’avais les yeux ronds d’envie. Vite donnez-moi l’engin! Armée de ma scannette, j’ai arpenté les allées avec ma fidèle acolyte, me prêtant à un de mes jeux d’enfance favoris. Au diable la dépense, je scanne! Et Bip bip bip…

En soirée, l’atelier des Chefs.
Destination rue St-Lazare pour un cours de cuisine asiatique (www.atelierdeschefs.fr). La classe!
Pour y arriver, il faut enfiler un tablier en plastique transparent, qui me va d’ailleurs à ravir (vous ne l’auriez pas en bleu par hasard ça me va mieux au teint?!), je me lave les mains et hop, aux fourneaux! Première étape, apprêter les fruits de mer et les poissons. Et c’est là que je me revois sur les bancs d’écoles dans mon cours de biologie, scalpel à la main, dégoutée. Il y a des choses qui changent quand on vieillit, mais malencontreusement pas mon goût pour la dissection. Les yeux des langoustines me regardent, biens ronds et vitreux, alors que je m’apprête à leur arracher la tête. Crunch. Pas la barre de chocolat. Surtout penser à autre chose. Ça y est. C’est terminé. Je peux enfin respirer et surtout regarder. Supplice fini, mais non. Il faut encore leur faire une légère incision pour enlever le tube digestif. Miam, miam. Moi qui avais faim. Heureusement, j’ai encore en tête les blagues de premier niveau de mon père lorsque je préparais avec lui les « scampis » pour le jour de l’an! Les mains pleines de chiasse, je souris bêtement.
Puis, opération chapelure. Au tour de Virginie de « chaplurer » ses gambas. Elle y va d’un geste assuré et fait des mouvements de vagues avec le plat et là… du même coup « chaplure » la plaque du four en plus des gambas. Fou rire interminable! Dit donc, on a vraiment la main toutes les deux. Deux femmes à marier, je vous le dis! Au moins, j’ai fait fureur avec ma technique de coupe des sushis! Sans parler des sushis, qui étaient ma fois divins!
Merci au Chef, David et à Seb qui m’a laissé sa place pour le cours!


mercredi 26 janvier 2011

Cours 101 – Comment s’improviser critique d’art.

Il vous faut d’abord un lieu inspirant, qui pourra vous transporter dans un tout autre univers où, émergé par tant de beautés, vous ne pourrez que vous improviser connaisseur.
J’ai choisi… le Musée d’Orsay.  
Une ancienne gare remaniée en musée où y habitent encore l’âme des anciens voyageurs, mais aussi celles d’artistes qui vivent désormais de leur art. Un peu ironique je dois dire! L’architecture du musée est elle-même une véritable splendeur avec sa gigantesque horloge dorée à l’une des extrémités de la grande voute en demi-lune.  À l’intérieur, on y retrouve une impressionnante collection nationaliste française de peintures, de sculptures et d’objets d’art produits entre 1840 et 1914.
Entre les Renoir, les Monet, les Van Gogh, les maquettes de l’Opéra de Paris, les boiseries, la Salle des fêtes à l’étage, toutes ces sculptures et après des heures et des heures à me dire, à me répéter : « C’est beau! C’est beau! (voir ici tous les synonymes inimaginables)», je commence à avoir l’œil aiguisé.
Coups de cœur / Historique et critique :

La partie de croquetPierre Bonnard
Peintre postimpressionniste, dessinateur et illustrateur français (1867-1947). Il faisait partie du groupe des « Nabis », qui désiraient exprimer une idée plutôt que de représenter le réel. Ce mouvement a pour caractéristiques l’exaltation de la couleur, la simplification de la forme et la suppression du relief. L’artiste était également marqué par la vogue du japonisme, une tendance qui décrit une conception différente de la perspective et de l’espace. Le tableau est sans doute inspiré par les estampes japonaises dont le peintre était très amateur. J’aime beaucoup l’audace des textures et la superposition des différents éléments du tableau.

-     Les Iles d’OrHenri-Edmond Cross
Artiste peintre français pointilliste (1856-1910). J’adore sa technique et l’esthétisme très structuré de son tableau. Chacun des petits pointillés qui forment, une fois rassemblés, une toile à la fois colorée et romantique.



Les danseuses bleuesEdgar Degas
Peintre, graveur, sculpteur et photographe français (1834-1917). Ces œuvres s’inscrivent dans le grand mouvement impressionniste qui s’est créé en réaction à la peinture académique de l’époque. Plusieurs artistes s’étaient alors regroupés en société anonyme afin de montrer leurs œuvres au public. Degas rejoignit le groupe au nom de la liberté de peindre. Le sujet du tableau m’a tout de suite interpellé en plus des couleurs qui font rêvées. La grossièreté des traits donne une éminente finesse à ses petites ballerines au teint de porcelaine.

-     La femme au chapeau noir, dit La Viennoise Edouard Manet
Peintre français majeur de la fin du XIXe siècle (1832-1883). À ma grande surprise, c’est un pastel. L’illusion est parfaite, chapeau à l’artiste (et c’est le cas de le dire.)! Ce que j’aime particulièrement dans ce tableau c’est l’admirable synergie entre la lumière (émanant de la tenue de la dame et de sa peau) et l’obscurité (provenant du chapeau et de ses cheveux).  




Et c’est comme ça qu’on devient au service de l’art. Bon, on repassera pour la critique…

lundi 24 janvier 2011

Ce matin, tu n'as qu'un plan, n'avoir pas de plan.

Vous êtes vous déjà réveillé avec des idées de grandeur? En fait, c'est probablement déjà arrivé à tous ces grands explorateurs. Alors, tu te lèves d’un bond dans une journée que tu croyais planifiée, mais tu as un tout autre plan en tête. Celui de ne pas avoir de plan. Tu enfourches des pantalons et un chandail. Tu te mets une écharpe au cou style « étudiant de théâtre » (car « ce n'est pas qu'il fasse froid », mais ça te donne un air de bohème) et tu te mets en marche. Tu suis tes pieds qui te mèneront là où ils le voudront. Qui te mèneront bientôt sur les pavés sinueux de Montmartre. Dans ses montées et ses descentes, au cœur même du quartier des artistes. Et tu erres dans les rues l’âme créatrice. Sans carte, ni montre, ni parapluie. Tes pas te conduisent au Café des 2 moulins, heureux hasard! Tu deviens alors Amélie Poulain lorsque tu t’assois sur la banquette et demandes un chocolat chaud. Tu t’émerveilles de tout comme un enfant, de l’ambiance rosée, aux dalles en céramiques, en passant par les petits néons au plafond qui diffusent une lumière d’orange. Tu restes là, figé, de longues minutent à peindre ce tableau pour ne jamais l’oublier.
Tes pieds s’animent de nouveau et te conduisent cette fois à la Basilique du Sacré-Cœur. Tu vois Paris d’au dessus. À l’intérieur, il y a que le silence. La première chose qui te vient à l’esprit c’est de fermer ton cellulaire (que tu ne possèdes d’ailleurs plus). Comme quoi on devient accro à ces petits machins!
Tu t’assois tranquillement sur un banc de bois en face de l’autel. Tu fermes les yeux et contemples le temps qui s’arrête. Et c’est là que tu te surprends à réciter une petite prière pour la première fois de ta vie.  Tu es émue. Tu te sens choyée et chanceuse d’être là à ce moment précis. Tu penses à tous ces gens qui ont contribués à ce que tu es devenue et tu souris. Tu les remercies mille fois, malgré qu’ils soient loin, ils sont tout près à la fois. Tu es calme, sereine et enfin, reine de ton esprit. Tu fais le vide et tu réussis à lâcher prise.
C'est ce que j'ai fait aujourd'hui. Une journée d'exploration.  Une journée de laisser-aller. Je suis même devenue un « tu » parce qu’en me laissant guidé, on s‘ouvre à ce et à ceux qui nous entoure et aussi, à nous-mêmes.

samedi 22 janvier 2011

Escapade parsienne

Mise en situation
3ème jour en France, une visite à Paris avec mon amie française Virginie, qui prend d'ailleurs bien soin de moi! Merci! :) On la salue! (Nanc et My, celle là est pour vous!)

Objectifs parisiens :
1. Traverser une intersection sur la lumière de piéton rouge.
Réalisé avec peu de mérite, suivre les Parisiens c'est ce qu'il a de mieux!

2. Râler après une voiture dangeureuse.
J'ai dit : "Ho là!" ça compte?

3. Essayer ledit manteau que tout le monde porte (glonflable, horrible et qui n'avantage personne, mais tellement tendance - cousin du sac poubelle - merci Virginie!).
Fait! Photo à l'appui dans les Galeries Lafayette! Même que Virginie a essayé le "casse de poil agencé" du même matériel. Très chic.



4. Manger des macarons.
"Ça m'énerve les gens qui font la queue chez Laduré... tout ça pour des macarons", j'ai donc mangé des macarons de Pierre Hermé, il paraît qu'ils sont meilleurs! 

5. Manger des marrons.
"Slache" chatâigne pour ceux et celles qui sont comme moi et qui font pas encore le lien entre les deux. :S
Relevé avec brio. Une bonne soupe réconfortante aux marrons quand Paris tourne au gris.

Philosophies du moment (écrit sur une serviette de table, j'avais oublié mon livre à la maison) :*Attention, ces quelques lignes peuvent contenir des passages peu flatteurs. Parisiens, je vous permets de rire de mon accent quand on se recroisera.

Ce matin, la ville lumière est magnifique et les nuages se dégagent. Ici, tout est beau, tout est art, tout est histoire. Un tableau bien inspirant alors que je suis dans ce petit café, cappucino et pain au chocolat à la main. Je regarde les gens qui passent. Ces gens pressés un samedi matin... où vont-ils tous? Radieux, la tête haute. Et malgré l'air fringant et fier, le Parisien typique se décrote quand même le nez au volant de sa Peugeot. Gros plan devant la vitre où je prenais plaisir à scruter la ville animée. Comme quoi... ça donne encore plus de charme à Paris. Ça la rend plus accessible, plus chaleureuse j'imagine.

Vraiment les gens me surprendront toujours (et je m'inclus aussi). Dans ce même café, une dame à l'allure décontractée arrive juste à côté de moi et regarde d'un air ahurie la table à ma droite. Très outrée, à en voir son air quasi dégoûté, parce que le précédant occupant a laissé son plateau sur la table. Elle tasse le plateau, s'assoit et mange d'une rapidité exceptionnelle (voir ici : référence à un taxi emprunté la nuit du jour de l'an alors que le chauffeur veut se faire le maximum d'argent). Une fois fini, s'essuit la bouche et s'en va, laissant son pauvre plateau sur la table. Et bien, on aurait encore droit à un air choqué. Ça fera plaisir à une autre personne, qui comme moi, commentera la scène.

Quelques choses à déclarer? Quelques technicalités.
  • Surtout ne pas oublier, ni jeter son billet avant de sortir de la station de RER (train) sinon vous êtes contraint d'errer à l'intérieur pour toujours. Il faut valider le ticket à l'entrée ET à la sortie. Merci à la dame qui a bien voulu me laisser la suivre de très près dans le "tourniquet".
  • Découverte d'une terrasse en haut des Galeries Lafayette. Vue sur Paris brumeux. Top!
  • Presque écrasée par la voiture du Président de la république, Monsieur Sarkozy.
  • Un petit oiseau qui fait la file avec les gens pour une gaufre. (Mignon. Et oui, j'ai dit qu'un oiseau était mignon! C'est peut être le vin français qui me monte à la tête.)
  • Dans un métro bondé vers la fin de la journée, personne ne se déplace pour laisser sortir les gens. Principe physique pas trop compris de tout le monde.
  • Rue de Rivoli (j'ai encore demandé le vrai nom avant de l'écrire, je pense toujours à Ravioli, je m'en viens comme toi maman haha) - belle rue qui conduit à l'Hôtel de ville.
  • Thumbs up à la petite patinoire artificielle devant l'Hôtel de ville. I feel like home!

Expression du jour : se prendre la/une bite.
Généralement en voiture, foncer dans un petit pôteau délimitant le trottoir de la rue.

Voilà pour aujourd'hui... À toute! (going on being a French lady!)