Cadran qui sonne, il est 5 h du matin et il est beaucoup trop tôt pour se préparer pour une grande sortie. Le RER arrête devant moi, le reflet de ma silhouette dans la vitre : robe, bas collants, talons hauts noirs et (pour quelqu’un qui est loin d’être une Lise Watier) extra maquillage. Je suis prête pour l’émission Le Banquier ou pour une prestation à Eurodisney! J’ai le look princier pour mon premier jour.
Mon histoire commence comme suit : comme dans les contes de fées, il y a des princesses, beaucoup de princesses, des méchants, mais pas de prince charmant. (Ben quoi, c’est mon histoire non?!)
Nous, princesses, avons toutes la même robe, du style Jackie Kennedy (j’adore!), et le même regard fatigué derrière notre fard à paupières et notre mascara. Il est maintenant 8h et nous avons droit à une inspection complète avant d’entrer en scène. Pas de mailles, assez haut les souliers, retouche rouge à lèvres, coiffure « impec »? Nous sommes prêtes! Notre mission : accueillir, diriger et surtout sourire. Je suis une Lucky Luke, vite sur la gâchette, je suis prête à décocher un sourire au moindre visiteur.
Et au loin, arrivant de l’étage inférieur, la Belle-Mère et ses deux assistants aux grosses lunettes font leur entrée pour veiller à notre bonne conduite et à l’exécution de nos tâches. ELLE, toujours suivi des deux autres « granos du Plateau », passe d’une fille à l’autre, le regard affilée. Ici et là, quelques paroles critiques, évidemment répétées par son perroquet au cas où l’on n’aurait pas entendu. L’expression : « sois belle et tais toi » prend désormais tout son sens. Je me rappelle que je ne concours pas pour devenir Miss France alors, je me détends un peu.
Puis vient l’heure de dîner. Dans la salle de repos, des plaintes des princesses qui se meurent d’avoir passé toutes ces heures debout et surtout dans de tels chaussures. Mais qui a créé les souliers à talons que je lui dise un mot?! Perso : ok c’est élégant quoi 30 minutes, mais le reste du temps bon Dieu que c’est souffrant! Et qui a dit qu’il fallait être le plus grand possible! Décidément, je suis hors norme de la mode et ça me convient parfaitement, je peux marcher à mon aise! La journée passe tout de même vite sous l’œil approbateur et/ou désapprobateur des justiciers de la beauté.
Dans la nuit noire, je rentre, épuisée, les pieds en feu dans mes escarpins, là-haut Chester me sourit de toutes ces dents et j’ai de l’inspiration pour écrire un conte, ma foi, très moderne…
P.S. Salutations à Linda et Maeva qui ont fait de cette expérience, un beau souvenir!
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