Cher ami,
Je tente de trouver les mots pour te décrire cet endroit exotique, paradisiaque, entre sommet et mer. Mes plus belles pensées se sont déjà envolées vers cette terre qui me guide en une unique offrande à sa splendeur. L’air a une odeur de liberté, une brise de chaleur qui purifie et calme même les réflexions les plus troublées. Je sens ces petites goûtes d’humidité glissées délicatement sur ma peau. Je suis à l’abri dans ce cocon douillet, rassurant. J’aurai bientôt des ailes pour voler avec les papillons. Le bruit des branches, qui se balancent aux sauts des singes et des oiseaux, me ramène à la quiétude de mon enfance où un rien nous émerveillait. Et le soleil, plongeur entre les feuillages verdâtres, exécute un jeu d’ombrage sur le chemin. Ces mirages de lumière qui me guident vers un plus haut sommet. Je n’ai jamais eu aussi soif. Vite de l’eau pour pouvoir absorber toute cette magie au goût de menthe qui s’évaporera peu à peu dans la descente.
Ici, au milieu de cette forêt enchantée, c’est l’hiver gelé en été. Ça change radicalement de la frénésie de la ville, où la vie suit le rythme des tamtams et s’enchaîne comme les pas d’une salsa. On doit hélas, tôt ou tard, reprendre sa route à la cadence cacophonique des klaxons. Une ville animée et colorée, où tout est hasard, mais à la fois à sa place. Un amalgame d’odeurs, de regards, de couleurs, de saveurs, de créations, de richesse et aussi de pauvreté. Mais surtout, de la spontanéité et de la passion à profusion. Sans oublier la chaleur des gens de même que celle du soleil qui impitoyable, nous contraint à s’évader dans de baignades salées. Chaque jour une nouvelle confrontation entre ce que l’on a appris depuis tout petit et la fraicheur de cette nouvelle culture latine. Un déséquilibre qui amène inévitablement vers une remise en question de sa propre fonctionnalité. Tous les jours, j’apprends ce laisser-aller, les cheveux au vent. Tous les jours, je m’en abreuve avec une telle saveur, une essence de fruits tropicaux. Sur la côte, il n’y a de place que pour l’improvisation… où chaque soirée est inévitablement accompagnée d’un imprenable couché de soleil sur la mer.
Colombia, tu tienes la llave de mi corazon… Et si un jour mon complice, tu désires y accéder, saches que la clé est enfouie quelque part entre les rochers et les arbres, sous le sable fin et la marée.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire